mercredi 11 janvier 2017

Le Cabaret Blanche - théâtre 14


 Site du théâtre ICI

mardi, vendredi et samedi  à 20h30
mercredi et jeudi à 19h - matinée samedi à 16h

Le Cabaret Blanche
Un spectacle de Cristos Mitropoulos, Léo Guillaume
Avec: :Camille Favre-Bulle, Benjamin Fallett, Sylvain Deguillame, Pierre Babolat, Patrick Gavard-Bondet, Stéphane Bouba Lopez, Cristos Mitropoulos, Djamel Taouacht


Nous sommes en 1914. Un jeune tambour rêve de s’enrôler pour flanquer la pâtée aux allemands, il est fils d’immigré italien, mais on l’a trouvé trop petit pour l’engager et sauver sa patrie d’adoption ! Il file donc à Paris rejoindre son cousin mobilisé.

Dans le même temps à Paris au Cabaret Blanche, Violette rêve, s’amuse avec les costumes de cabaret, même coupe de cheveux que Colette (qui connaissait le sujet et l’envers du music-hall), Sandrex le comique de service, est terrorisé par Blanche, qui lui a confié sa petite sœur. Qui est-elle d’ailleurs ? Blanche est en réalité le « frère » de Violette. Il préfère donner le change et surtout éviter la mobilisation qui envoie les jeunes gens à la guerre.

Les musiciens viennent aussi de milieux différents, Mapiwa le guitariste qui vient de l’Ouest américain et Marcel le bossu, contrebassiste et jaloux de son instrument.

Les chansons du spectacle sont toutes de l’époque, et on ne faisait pas dans la dentelle... « Le trou de mon quai » en est un exemple, chanté ma fois fort bien et surtout interprété par Sandrex sans caricature.

L’histoire est assez simplette, disons que ça nous permet de voir et d’entendre des numéros musicaux bien chantés. Violette se transforme en « Mata Hari » pour un numéro de danseuse exotique, un trio tel que nous les voyions dans les musicals américains. Blanche aussi a du bagout et du tempérament.


Le tout m’a paru un peu long quand même... d'autant plus déçue que j'avais bien aimé les précédents spectacles "marseillais" de la compagnie.

Anne Delaleu
11 janvier 2017

mardi 10 janvier 2017

Vie et mort de H - H. Levin - théâtre de la Tempête



Site du théâtre de la Tempête ICI
mardi au samedi 20 h 
dimanche 16h
durée 2h15



Vie et mort de H (1972)
Pique-assiette et souffre-douleur
Hanokh Levin 1943-1999

Mise en scène Clément Poirée

Avec Moustafa Benaïbout, Camille Bernon, Bruno Blairet, Eddie Chignara, Louise Coldefy, Emilien Diard-Detoeuf, Laurent Ménoret, Luce Mouchel. 
Photos Antonia Bozzi


Une volée de portes dans les airs ou sur scène. Une atmosphère surréaliste.

H est un « Tanguy » quadra simplet, il est hébergé par Boubel et sa femme Emnopée, leur fille la jolie Fogra s’est entichée de H, mais pas par charité ou empathie.


Les Boubel sont mesquins, ridicules, lui en costume trois pièces à petits carreaux, elle blondasse, coiffée comme une actrice de série. Ils sont en admiration devant leur unique trésor : Fogra. Celle-ci va se marier, son fiancé Varsoviak ne relève pas le niveau. Elle manipule tout le monde jusqu’à l’absurde et a un égo surdimensionné.


H est amoureux de Fogra en secret, il est furieux, les Boubel d’un air suffisant lui ont bien signifié qu’il n’était pas invité aux noces ! Les Boubel, dans une autre scène auront la cruauté de singer la mort de sa mère quand il était petit garçon (mais a-t-il vraiment grandi ?) il n’a pas su quoi faire pour la sauver.


Il y a aussi un de ses amis, Adash Bardash, il se déplace comme monté sur ressorts, genre Nosferatu le vampire, cheveux et ongles longs, costume noir, arborant une écharpe où est inscrit « Carpe diem », pour un hypocondriaque quelle belle devise !


Un autre personnage aussi pour relier tout ce vilain monde, Pilo, qui provoque, incite à la méchanceté, et la pauvre Hannah serveuse du bar, peu reluisante et pas du tout glamour, elle aime en secret H, qui bien entendu ne la regarde pas. H a donc décidé de son suicide le jour des noces de sa bien-aimée, qui s’en fiche totalement, comme tous les autres !


J’aime l’univers déjanté de Levin, et cette œuvre de jeunesse, très bien mise en scène, et interprétée magistralement, m’a définitivement conquise ! 


Anne Delaleu
10 janvier 2017

dimanche 8 janvier 2017

Grand symposium : tout sur l'amour - théâtre de Belleville


site du théâtre ICI
Dimanche 17h - lundi 20h
jusqu'au 30 janvier

GRAND SYMPOSIUM : TOUT SUR L'AMOUR
AVEC EMMA LA CLOWN ET CATHERINE DOLTO

Mise en scène Catherine Dolto et Meriem Menant 



Ah l'amour ! l'amour ! Conté par Emma la clown et Catherine Dolto, ça devient tout un poème !

L'air de rien, ce spectacle dit des choses belles et profondes entrecoupées d'interview d'historien, Emma téléphone à Saint Pierre pour joindre l’Immortel Alain Decaux, qui nous parlera de l’origine des rapports amoureux, une gynécologue interviendra également, un philosophe, un spécialiste de physique quantique (là ça se corse...).



Emma, cheftaine au grand cœur et au nez rouge, flirtera un peu avec un ou deux spectateurs, parlera beaucoup, coupera la parole à Catherine, qui se laisse faire. Jalousie, possession, amour filial, amour amitié, amour fraternel, mystique, tout sera décortiqué ! Emma veille à tout, rien ne lui échappe, dans la salle ou sur l’écran.


Catherine Dolto, sa complice, intervient pour ramener un peu de sérieux dans tout ça. L’amour doit-il être mouliné par les physiciens ou mathématiciens ? qu’importe, on rit beaucoup des facéties de ces deux dames.

Des cœurs partout, sur la nappe de la table bancale, sur le paper board un grand cœur percé d’une flèche, et pour finir des cœurs sur le public, on sort plein d'amour, c'est ce qu'il nous faut en ce moment.


 Anne Delaleu
8 janvier 2017

jeudi 5 janvier 2017

Le moche - M. Von Mayenburg - théâtre de l'Atalante


Site du théâtre ICI
Jusqu'au 29 janvier
20h30 : lundi, mercredi et vendredi
19h : jeudi et samedi 
17h : dimanche
durée 1h30
Le Moche
Marius von Mayenburg
Mise en scène Nathalie Sandoz
Nathalie Jeannet, Guillaume Marquet, Gilles Tschudi et Raphaël Tschudi

Qu’est qu’elle a ma gueule ? C’est ce que pourrait répondre Lette, génial ingénieur à son patron.

Lette est marié a une jolie femme (elle le sait un peu trop) et son assistant est beau garçon. Jusque là rien de mal, mais voilà que le patron de Lette, conscient de la valeur du « paraître » préfère envoyer l’assistant au physique avantageux mais pas très doué, pour vendre leur invention. Il dit tout de go à Lette qu’il est si moche que ce n’est pas « vendeur ». Tout le monde actuellement veut du beau, du très beau, et peu importe la qualité de la personne ou du produit.

Lette choisit donc d’avoir recours à la chirurgie esthétique, et le résultat est si parfait, trop d’ailleurs, que d’une ascension fulgurante la chute n’en sera que plus dure.

Un sujet intéressant, perdre son identité, son âme aussi. Guillaume Marquet interprète parfaitement Lette, (quoiqu’il ne soit pas laid !), il arrive par son jeu à être celui d’avant et d’après.


Par contre, la mise en scène ne m’a pas convaincue, les comédiens jouent plusieurs personnages, mais sans trop de différences dans leur jeu ou même dans leur physique, ce qui fait qu’on ne sait plus qui est qui et retire, à mon avis, à la pièce, sa force.

Anne Delaleu
5 janvier 2017

mardi 3 janvier 2017

Orchestre Titanic - H. Boytchev - théâtre de l'Aquarium


Site du théâtre ICI
10 janvier au 5 février 2017
mardi au samedi 20h - dimanche 16h
durée : 1h15

Orchestre Titanic (2002)
Hristo Boytchev
Mise en scène Philippe Lanton

Avec Bernard Bloch, Olivier Cruveiller, Philippe Dormoy, Christian Pageault, Evelyne Pelletier


Quel rapport avec le célèbre paquebot Titanic ? pas grand-chose, nous ne sommes pas en 1912, il n’y a pas d’iceberg à l’horizon, quoique...

Une gare désaffectée, deux tentes, une poubelle, et les locataires de cet endroit, un ancien cheminot au chômage, un ex-chef d’orchestre et sa copine, un ex-montreur d’ours. Ces personnages répètent inlassablement leur « fuite », valises vides en avant, prêts à monter dans un hypothétique train, qui les emporterait loin, très loin d’ici. Tout est bien calculé, enfin presque, car d’une malle jetée d’un train, surgit l’illusionniste Houdini !


La misère, la faim, l’angoisse ne peuvent pas rendre meilleurs et Meto plonge un couteau dans le ventre de Hari, pour une paire de chaussures, sans que les autres interviennent ou soient choqués, c’est la dure loi de la rue. Plus tard il sera pris de malaise et les autres ne réagiront pas plus que ça. Mais tout n’est qu’illusion et Hari est « ressuscité »...

Ces olibrius sont menés à la baguette par Hari, ils gobent tout ce qu’il leur dit. L’univers de cette pièce est proche de Beckett, en fait il ne faut s’étonner de rien. Vrai ou faux, rêve des uns et des autres.

Une comédie curieuse et drôle, interprétée par d’excellents comédiens qui portent le texte, aidés par une mise en scène créative.

Anne Delaleu
3 janvier 2017

vendredi 30 décembre 2016

Mariage et châtiment - D. Pharao - théâtre Hébertot


Site du Théâtre Hébertot ICI
jusqu'au 8 janvier (et ce n'est pas un mensonge !)
Du mardi au samedi à 21h
Matinée samedi 16h30 et 
dimanche 15h
durée 1h45

Mariage et châtiments
David Pharao

Mise en scène  Jean-Luc Moreau
Avec Daniel Russo, Laurent Gamelon, Delphine Rich, Fannie Outeiro, Zoé Nonn.

Edouard se prépare, il doit se rendre au mariage de son meilleur ami Fred, qui épouse une miss météo de la télé !

Mais voilà, Marianne sa femme préfère s’éclipser et partir chez sa mère pour éviter cette cérémonie qu’elle juge grotesque et surtout ne pas voir la mariée qu’elle déteste sans l’avoir vue et qu’elle juge « benête » (féminin de benêt...).

Marianne partie, voici Gabriella la stagiaire d’Edouard qui débarque aussi peu de temps après, elle exige de son patron qu’il finalise l’appel d’offre de la mairie et lui fait un chantage au bébé qui va venir...


Pauvre Edouard ! Marianne, Fred, Gabriella, tous ont décidé de lui pourrir le jour le plus important de sa vie. Sans réfléchir vraiment aux conséquences, et pour justifier son absence au mariage (qui a été annulé !) il déclare à Fred tout de go, que Marianne est morte subitement !

De fil en aiguille et de mensonge en mensonge, Edouard doit faire face à une paternité et un chantage, et éviter les baffes de Fred qu’auriez-vous fait à sa place ? Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !

David Pharao réactualise le thème du mensonge, cher à Corneille et Goldoni, c’est une aubaine, bien entendu ce pourrait être tragique, mais grâce à Jean-Luc Moreau et ses complices, on rit beaucoup des problèmes insurmontables de Daniel Russo face à ce grand nounours de Laurent Gamelon, les trois drôles de dames qui les accompagnent, Delphine Rich, toute en finesse, Fannie Outeiro, Miss météo pas méchante et pas si menteuse après tout, Zoé Nonn et ses « commandements » brune menteuse et piquante.

Car tous mentent, ou bien disons, déforment la vérité, s’arrangent avec elle. Elle ne risque pas de sortir du puits...

On rit de certaines répliques et situations, les deux compères s’entendent à merveille pour nous faire passer une bonne soirée. A la fin on ne sait plus vraiment qui dit la vérité !


En tout cas croyez-moi sur parole, c’est une agréable soirée à passer !

Anne Delaleu
30 décembre 2016


mardi 20 décembre 2016

Le petit maître corrigé - Marivaux - Comédie Française





Site du théâtre ICI
durée 2h
jusqu'au 24 avril

Le petit maître corrigé
Marivaux

Mise en scène Clément Hervieu-Léger

Avec Florence Viala (Dorimène), Loïc Corbery (Rosimond), Adeline d’Hermy (Marton), Pierre Hancisse (Dorante), Claire de La Rüe du Can (Hortense), Didier Sandre (le comte), Christophe Montenez (Frontin), Dominique Blanc(la marquise) et Ji Su Jeong (la suivante de Dorimène)



Sur scène, du sable, de hautes herbes, dans le fond on aperçoit la machinerie, les projecteurs. Soudain la toile se lève, le ciel bleu sur une toile peinte, j’aurai bien aimé qu’elle reste tout le temps dans notre champ de vision !

Une jeune femme accoure, son matériel de peinture en mains, elle dispose des feuillets qui s’envolent ! Marton sa suivante, la rejoint, elle pose. C’est un joli tableau de maître !

Frontin, valet de Rosimond, le fiancé d’Hortense, les rejoints à son tour, il a le parler un peu « pointu » de Paris, qu’il prononce « Péris ».

Rosimond est promis à Hortense, leur mariage est imposé par leurs parents. Mais Paris/Province ne vont pas faire bon ménage, et le jeune homme va l’apprendre à ses dépends ! Au 18ème siècle un petit-maître était l’arbitre des élégances, du savoir-vivre, joueur, enfin d’après ses critères et d’après Paris. Différence sociale, aristocratie de province contre celle de Paris, différence Paris/Province tout est là. De nos jours on peut dire aussi, qu’il y a un parisianisme aigu envers la province, qui nous le rend bien !

Son air hautain, ses manières précieuses, (quelle affaire lorsqu’il doit s’asseoir à même le sol ! ) Hortense est trop « nature » pour plaire au jeune homme, quoique ...

Dorimène a fait le voyage de Paris pour le retrouver et le forcer à l’épouser, le voilà bien pris au piège, sa mère veut le déshériter, Hortense veut un amour sincère et croit le trouver chez Dorante ami de Rosimond.

Frontin a la voix de Stéphane Bern, Marton est libertine et sans chichis, Rosimond snob mais pas trop et si touchant à la fin, Dorimène est bien parisienne, la marquise et le comte orchestrent tout ce petit monde à leur guise. Dorante sera bien sûr désespéré car il en faut un ! Je reste un peu sur la réserve pour Hortense, que j’ai trouvé un peu en deçà de ses partenaires.

Enfin une mise en scène qui respecte l’époque, pas de portable, pas d’attaché-case, un simple décor campagnard, des costumes 18ème. Un souffle léger de Fragonard.

Les plus, une mise en scène inventive, légère, drôlissime, les moins, il faut tendre l’oreille pour entendre le texte, ce qui est fort dommage, on en perd la subtilité.

Tout le style de Marivaux est là, cette pièce ne fut jouée à sa création que deux fois, victime d’une cabale orchestrée semble-t-il par Crébillon, le monde du théâtre est impitoyable ! 

La Comédie Française a eu une belle idée de ressortir ce petit bijou.

Anne Delaleu
20 décembre 2016