jeudi 16 novembre 2017

F(l)ammes - A. Madani - théâtre de la Tempête


Jusqu’au 17 décembre 2017
durée : 1h45
site du Théâtre de la Tempête ICI

F(L)AMMES
Ahmed Madani
Mise en scène de l’auteur

avec Anissa Aou, Ludivine Bah, Chirine Boussaha, Laurène Dulymbois, Dana Fiaque, Yasmina Ghemzi, Maurine Ilahiri, Anissa Kaki, Haby N’Diaye, Inès Zahoré


Plutôt qu’une pièce, c’est un docu-témoignage par dix jeunes femmes issues des quartiers populaires, parfois sensibles, comme on dit !

La mise en scène est sobre, quelques chaises, un micro, un écran sur lequel sera projeté des vidéos de vagues, de forêts, puisque comme dit l’une d’elle « elle vient de la forêt », et des portraits d’elles-mêmes, très esthétiques.


Chacune vient raconter son histoire, son vécu, avec humour, tendresse, drôlerie, rage, amertume... Chacune sa personnalité, elles parlent très bien d’elles, de leur famille, de leurs racines.

Elles chantent, dansent, exécutent des figures de combat, tout cela dans un rythme effréné.

Ses jeunes femmes sont touchantes, intelligentes, vives, et la direction d’Ahmed Madani est inventive et brise les préjugés. Elles peuvent enfin parler et vivre leur propre liberté, c’est ce qui est important.



Anne Delaleu
16 novembre 2017

mardi 14 novembre 2017

Rendez-vous - B. Fougnies - Théâtre de l'Alhambra


jusqu'au 19 décembre 2017
tous les mardis à 19h30
durée 1h15
site du Théâtre L’Alhambra ICI

Rendez-vous
Bruno Fougnies
Mise en scène Ruba Matignon

Avec Catherine Toublanc, Lola Accardi, Robert Aburbe



20 ans après, Pussy et Nymphe se retrouvent dans la maison de campagne d’Armando, leur ancien directeur de cabaret, elles sont comme chien et chat. L’une fait des karaokés, l’autre a choisi une autre voie, le toilettage pour toutous !

Elles ont reçu chacune le même courrier, leur donnant rendez-vous dans cette maison. Piaffant d’impatience elles se balancent quelques « vérités » bien senties, sont prêtes à se crêper le chignon. Mais les hostilités passées s’imaginent que leur ancien amant les engage à nouveau pour un show !

Un homme entre, il les salue mais ne les reconnait pas... il ne se souvient de rien. C’est un choc pour les deux chanteuses, elles s’uniront pour tenter de lui faire recouvrir quelques pans de leur histoire commune et bien sûr par le biais du music-hall.

C’est une comédie (ou tragi-comédie ?) sur cette maladie (dont je ne me souviens plus du nom...), on fredonne les chansons avec Lola et Catherine, chacune dans leur rôle de vamp, de meneuse de revue. Robert nous entraine avec « les p’tites femmes de Pigalle », je trouve touchant qu’il chante au début la chanson de Salvador qui parle de souvenirs et résume ainsi l’état d’esprit d’Armando

 « Avant que ma jeunesse s'use
Et que mes printemps soient partis
J'aimerais tant voir Syracuse
Pour m'en souvenir à Paris »


Rubia Matignon, signe une mise en scène festive, on s’amuse beaucoup avec le trio et leur numéro de cabaret. L’Alhambra est le cadre idéal pour ce « Rendez-vous » à ne pas manquer avec de merveilleux comédiens-chanteurs.


Anne Delaleu
14 novembre 2017

samedi 11 novembre 2017

La petite soldate - M. Michalov - Théo-Théâtre


Jusqu'au 23 décembre
tous les Samedi 19h30 - Durée 1h10
site du théâtre ICI



La petite soldate
Mihaela Michalov
Mise en scène Anne Hérold

(traduction : Alexandra Lazarescou)


Avec
 Marguerite Courcier, Hugo Proy (clarinette)
Un conte pour enfants et plus grands, Ami est une charmante petite fille de 8 ans, espiègle, elle commande à son ours, à sa poupée, mais surtout son grand amour c’est sa Mamie. Le père de la fillette, remarié après la mort de sa femme, a une nouvelle famille maintenant et il trouve plus judicieux de laisser sa fille a sa grand-mère, pourtant âgée et malade.
Alors Ami, décide de protéger Mamie, avec l’aide de petits soldats qu’elle a créés. De toute façon quand elle sera plus grande, elle veut être soldate, ce qui fait rire ses camarades de classe et son institutrice ! Ce n’est pas un métier de femme voyons !

Protéger sa grand-mère, c’est aussi se préserver, qu’adviendra-t-il d’elle à la disparition de Mamie ?


Elle élabore tout un plan de défense, chaque « soldat » est affecté à une partie du corps de Mamie. Et elle a du tempérament et de l’obstination à revendre Ami, elle a tant d’amour à donner.

Marguerite Courcier est une fabuleuse petite fille, elle circule avec aisance et drôlerie dans son univers, les enfants présents dans la salle ne s’y sont pas trompés.

La musique est importante également, la clarinette intervient avec douceur dans le récit et nous rappelle le pays d’origine de l’auteure, la Roumanie.

Une belle histoire qui est intemporelle, universelle, et qui plaira aux petits et aux grands.


Anne Delaleu
11 novembre 2017

Misérables - d'après Hugo - Espace Paris Plaine



du 8 au 29 novembre 2017
spectacle musical dès 6 ans

mercredi, samedi, dimanche à 15h
site du théâtre ICI 

Misérables
D’après Victor Hugo

Mise en scène et lumières : William Mesguich
Adaptation et livret : Charlotte Escamez
Musique : Oscar Clark
Avec : Estelle Andrea, Magali Paliès, Julien Clément, Oscar Clark
Costumes : Alice Touvet


Une jeune femme de noir vêtue, s’approche une rose à la main, elle la dépose sur une tombe anonyme, c’est pourtant son père Jean Valjean qui repose.

Alors, Cosette nous raconte son histoire, celle de Paris, bien sûr, mais aussi et surtout celle de l’homme qui l’a sauvée de l’horrible « nourrice », la Thénardier. Misère pour misère, il y a ceux qui font le bien et les autres qui sont misérables dans leurs actions.

Certes ce n’était pas une mince affaire que de faire un choix dans le roman d’Hugo, on connait « Les misérables », le cinéma, la télé, le théâtre aussi, mais au fait l’a-t-on vraiment lu ?

Cette adaptation musicale et théâtrale est réussie, et les grandes lignes et pensées du poète sont respectées. On pourrait se croire dans nos livres d’images, avec les illustrations en noir et blanc projetées en décor, on est à Montreuil, à l’auberge, à Fontainebleau, sur les barricades...

William Mesguich sait qu’il peut compter sur ses comédiens, et il a bien raison ! Magali Paliès passe de l’affreuse Thénardier par sa gestuelle, son costume au sympathique Gavroche. Estelle Andrea est la fillette meurtrie et la jeune femme aimée de Marius, elle campe aussi une émouvante Fantine, Julien Clément endosse avec sincérité le manteau de Valjean, Oscar Clark a le redoutable privilège de jouer l’infâme Javert et le tendre Marius.

De belles voix, nuancées, qui donnent vie - grâce à la musique d’Oscar Clark - à ce monument de la littérature.



Un très bon moment à passer en famille, avec les enfants, Hugo les aimait tant !


Anne Delaleu
11 novembre 2017


vendredi 10 novembre 2017

La dame de chez Maxim's - G. Feydeau - théâtre Rive-Gauche


Jusqu'au 31 décembre
Les jeudis, vendredis et samedis à 19h
(Relâches les 09 novembre & 15 décembre 2017)
Matinées exceptionnelles les 16, 23 et 30 décembre 2017 à 16h
Séance supplémentaire le dimanche 31 décembre 2017 à 19h
Durée 1h30

site du théâtre ICI
La dame de chez Maxim’s
Georges Feydeau (Une comédie burlesque et musicale)

Mise en scène Johanna Boye
Adaptation Johanna Boye et Pamela Ravassard

Avec
Vanessa Cailhol (la Môme Crevette) - Florian Choquart ou Laurent Paolini (Docteur Petypon) - Arnaud Dupont (Mongicourt & la Duchesse) - Lauri Lupi (Corignon & Etienne) - Garlan Le Martelot (Clémentine & le Duc) - Pamela Ravassard (Mme Petypon & Mme. Vidauban) Vincent Viotti (le Général) et le musicien Mehdi Bourayou (Emile)



Le Docteur Petypon a été bien avisé de ramener au domicile conjugal la pétillante chanteuse de cabaret dite la Môme Crevette ! A sa décharge il a été entrainé par son ami Mongicourt, et l’alcool aidant, au petit matin ne se souvient plus de rien.

Il lui faut affronter sa femme Gabrielle, grenouille de bénitier, mais belle fortune ! et puis il ne s’attendait pas à voir débarquer son oncle le Général, qui vient les inviter au mariage de sa nièce. Mais bien entendu le tonton ne tombe pas sur la bonne Mme Petypon mais sur la môme, impossible de rattraper l’erreur et Petypon prend le train avec dans son bagage une môme Crevette bien épicée !


La môme rencontre le « gratin » de la province, et le snobisme surtout, alors elle ne se gêne pas et tout ce petit monde la suit sans hésiter dans ses extravagances. « Et allez donc c’est pas mon père ! », la moindre attitude, la moindre parole (hélas !) et sa chanson, tout est copié, puisque c’est la mode à Paris !

Enfin, quiproquos, malentendus, tous les ingrédients de Feydeau sont là, l’adaptation est réussie, c’est drôle, enlevé, dynamique.

Il fallait à ce Feydeau une troupe enjouée, Vanessa Cailhol est une Crevette bien relevée, ses partenaires sont extraordinaires, ils jouent et respectent l’esprit de Feydeau.

On ne s’ennuie pas au Rive Gauche avec cette Môme là !


mardi 7 novembre 2017

La révolte - Villiers de l'Isle-Adam - Les Déchargeurs


Mardi au Samedi à 21h30
Durée : 1h10
jusqu'au 9 décembre
site du théâtre ICI

La révolte
Villiers de l’Isle-Adam
Mise en scène Salomé Broussky
Avec Dimitri Storoge  Maud Wyler


Elisabeth entre dans la pièce, elle est vêtue d’un tailleur sobre, d’une jolie blouse, mais rien de superflu, elle semble bien grave, s’assied à un bureau design. Félix son mari la suit, lit son journal, se sert un verre. Elisabeth l’observe mais continue son travail d’écriture.

Félix est content, grâce à sa femme, sa fortune augmente, il est très satisfait de sa « comptable » ! Quitte à ne pas avoir d’états d’âme envers les plus faibles. Depuis quatre ans, elle tient les comptes, et point d’orgue lui a donné une délicieuse petite fille ! Il songe à leur vie mondaine, ils pourraient en effet sortir au théâtre, rire un peu, mais pas n’importe quoi bien sûr.

Elisabeth sans broncher, fait signer les papiers, puis demande à son mari un moment d’attention. Il n’en revient pas, elle veut partir, quitter leur foyer, leur enfant. Pourquoi ?


Il la secoue, elle argumente tout ce qu’elle a dans le cœur et l’esprit. Il en est estomaqué, comment peut elle réagir de cette façon, en plus il n’aurait plus de comptable pour gérer la fortune ! c’est trop, mais Elisabeth est déterminée, elle veut reprendre sa liberté, de toutes façons elle n’a jamais aimé Félix, elle a été mariée, c’est tout.

Elisabeth partie, Félix s’effondre, et tout son monde avec lui. Avec le départ d’Elisabeth il aura pris conscience de son attitude, mais aussi de l’emprise de son éducation. Il a été élevé ainsi et ne comprend pas ce qui lui arrive.

Pourtant elle reviendra, par manque de courage, peur de l’inconnu.

La mise en scène très recherchée de Salomé Broussky, l’interprétation étonnante et au sommet de Maud Wyler, au bord de la crise de nerfs, Dimitri Storoge n’est pas en reste, il a le mauvais rôle mais on a pitié de lui.


Une excellente adaptation d’une pièce qui fit scandale à sa sortie et on comprend pourquoi.

Anne Delaleu
7 novembre 2017


L'art de Suzanne Brut - M. Stampe - Les Déchargeurs


Mardi  au Samedi à 19h30
Durée 1h15
Site du théâtre ICI
Jusqu'au 23 décembre

L’art de Suzanne Brut
Michael Stampe

Mise en scène Christophe Lidon
Avec Marie-Christine Danède


Suzanne est un cœur pur, elle parle à Sainte Jeanne et surtout à la Vierge Marie, son amour pour elles se traduit par des peintures, colorées, concoctées avec tous matériels qui lui tombent sous la main.

Elle est parfois cruelle envers les autres, les animaux ou les insectes. Ça ne lui pose pas de problème, son but c’est de plaire et d’honorer ses deux « patronnes ».

Elle est servante dans un couvent du Périgord, c’est l’Occupation. On apprendra plus tard que si les restrictions touchaient la population, on laissait mourir de faim et de soif, les « malades mentaux » dans les asiles, ils ne servaient pas à grand-chose...

Comme Séraphine de Senlis, elle est habitée par le mysticisme et sa « foi du charbonnier » lui fait supporter bien des tourments, elle est plus charitable que les nonnes qui la sermonnent. Elle parle, quelle bavarde !  

On comprend vite ses démons intérieurs, son traumatisme, sa douceur aussi lorsqu’elle parle de sa sœur ainée Marcelle, dont elle n’a plus de nouvelles.

Et pourtant, elle a un allié qui croit en elle, c’est le médecin ! il a vu ses œuvres et la considère comme un peintre hors normes, il lui conseille même de faire son autoportrait...

L’art pictural thérapie de l’âme, c’est ce que démontre cette belle pièce de Michael Stampe.


Marie-Christine Danède apporte son humilité, sa ferveur, son humour, grâce à la mise en scène sobre et intense de Christophe Lidon. 


Anne Delaleu
7 novembre 2017 

samedi 4 novembre 2017

Bouquet final - V.Azé et R.Pottier - Comédie Caumartin


Mardi au samedi à 21h00
Samedi à 17h00
durée 1h10
site du théâtre ICI
Association Laurette Fugain www.laurettefugain.org

Bouquet final
Vincent Azé et Raphaël Pottier

Mise en scène Olivier Macé

Xavier Berlioz, Emmanuelle Fernandez, Marie Fugain, Bartholomew Boutellis, Amélie Etasse et Sebastien Knafo


C’est prévu, une météorite fonce et va exploser notre planète !

Une bande d’amis, décident de « fêter » l’événement dans un chalet perdu (bien perdu...) au fond des Pyrénées.

Julie pourchasse son mari Gilles et le menace d’un révolver, elle veut absolument, - comment dire -« s’éclater » avant le grand départ, lui n’est pas très « chaud » et il manque d’inspiration pour tout, surtout pour son scénario !

Marie, la sœur de Julie, a deux problèmes : Victor son mari, radin de chez radin, et un peu d’embonpoint, due à une gourmandise chronique, mais elle s’en moque !
 
crédit photo : Janine Gebran.

Sonia, l’amie de toujours, aime les hommes mais de loin, et n’a pas beaucoup de chance avec les dames, pourtant elle espère la venue de sa dernière conquête !
 
crédit photo : Janine Gebran.


Didier, le bon copain de Gilles, se fait attendre,  il a des excuses, policier en filature, les trafiquants n’ont qu’à bien se tenir ! Le voici enfin, il a capturé un dangereux dealeur, mais hélas a emporté le butin, des pilules « de l’amour »...
 
crédit photo : Janine Gebran.

Enfin, tout ce petit monde doit jongler avec les problèmes personnels, à la limite ils ne pensent plus guère à la fin du monde. Les petites pilules ne vont rien arranger bien au contraire !
 
crédit photo : Janine Gebran.


C’est une comédie sympathique, grosse farce, qui a le mérite de faire rire aux éclats. Les comédiens grâce à une mise en scène dynamique, s’en donnent à cœur joie, et ont bien du mal à garder leur sérieux !
Anne Delaleu
4 novembre 2017



mercredi 25 octobre 2017

Faisons un rêve - S. Guitry - théâtre de la Madeleine



Site du théâtre ICI
mardi au samedi 19h
durée 1h20

Faisons un rêve
Sacha Guitry

Mise en scène de Nicolas Briançon

Avec Nicolas Briançon, Éric Laugerias, Marie-Julie Baup, Michel Dussarat.


Elle est ravissante, élégante, son mari un bon bougre de provincial à l’accent chantant. Ils ont été invités par un avocat qui doit leur présenter quelque chose... quoi en fait, ça n’a guère d’importance mais Monsieur s’énerve, leur hôte se fait attendre.

(c) Pascal Riondy
Le mari hésite, mais sa femme, préfère fermer les yeux et de toutes façons, elle n’est pas mécontente qu’il parte à son rendez-vous avec « un américain du sud »...


Le mari enfin parti, le maître des lieux arrive tout guilleret, charmant, charmeur, il est décidé à séduire la jeune femme, ce ne sera pas bien difficile ! Il parle beaucoup (dame il est avocat !), il enveloppe sa proie avec beaucoup d’esprit. Elle est amoureuse.
(c) Pascal Riondy
Ils passent la nuit ensemble, et le matin au réveil, elle angoisse de devoir affronter son mari, qui bien entendu doit l’attendre de pied ferme à leur domicile. Oui mais tout ne se passe pas comme prévu, et un retournement de situation inattendu ravira l’un et paraitra bien cruel à l’autre.
(c) Pascal Riondy
Nicolas Briançon est à l’aise dans son rôle de séducteur,  Marie-Julie Baup est expressive, son regard dit tout ! Eric Laugerias et son bel accent, Guitry ne l’a pas loupé, mais c’est un rôle si bien servi, et que dire du valet de chambre que compose avec maestria et loufoquerie Michel Dussarat, impeccable valet qui vous accueille dans le hall du théâtre !


C’est Guitry, que dire de plus, intelligence du texte, bons mots, finesse, un vrai feu d’artifice. 

Anne Delaleu
25 octobre 2017