dimanche 29 avril 2012

Un stylo dans la tête - théâtre des Nouveautés


Une comédie de Jean DELL

Mise en scène : Jean-Luc MOREAU assisté de Anne POIRIER-BUSSON

Avec Francis PERRIN, Anne CANOVAS, Sophie GOURDIN, Xavier GOULARD, Valérie EVEN et Éric BOUCHER

Au nom de la liberté d’expression, peut-on risquer de perdre des amis pour le plaisir d’écrire un bon mot ou une pièce sur eux ? Cette comédie va même plus loin, en effet, a-t-on encore le droit, à notre époque, de se moquer des handicapés, des homosexuels, des femmes célibataires, des fonctionnaires, de son conjoint, des dépressifs, du cancer ? La liberté d’expression a ses limites bien fragiles.
Victor Aubrac, auteur de théâtre à succès,  va le réaliser à ses dépens. Il réunit ses amis pour leur annoncer que sa nouvelle comédie est totalement inspirée par eux. Pensant qu’ils seraient flattés, Victor est bien désappointé par leurs réactions ! Il fera tout pour les convaincre que, de toutes façons, on ne les reconnaitra pas personnellement, et le voilà qui imite le rôle de la muette qui explique à la dépressive le tri sélectif !
On rit beaucoup à cette comédie acidulée, un peu grinçante, ou tout un chacun règle ses comptes avec l’autre. Une très bonne mise en scène, servie par d'excellents comédiens.
Quant à la fin de la pièce elle est surprenante à tous points de vue et je vous invite à la découvrir au plus vite !
Jean Dell, auteur prolifique (« le béret de la tortue », « vive Bouchon », « un petit jeu sans conséquences » entre autres) est plus connu du grand public pour son rôle dans « Alice Nevers ».

samedi 28 avril 2012

Pouic - Pouic - Théâtre des Bouffes Parisiens



de Jacques Vilfrid avec la collaboration de Jean Girault
adapté par  Lionnel Astier et Stéphane Pouplard
metteur en scène Lionnel ASTIER

avec : Valérie Mairesse - Lionnel Astier - Eric Berger - Rachel Arditi - David Saada - Bénédicte Dessombz - Alexandre Jazédé et Pouic Pouic !


C’est la comédie anti-stress du moment ! 

Certes il n’était pas facile de reprendre le flambeau après le célèbre film avec de Funès et Maillan. En hommage à la comédienne Lionnel Astier rebaptise sa femme Jacqueline à la scène.

Lionnel Astier a donc réadapté l’histoire, tout en la laissant dans les années 70, sans internet et sans portable, pour les besoins de l’intrigue et vous comprendrez facilement pourquoi !

Léonard Monestier et sa femme Jacqueline rentrent de vacances. Elle a préparé une surprise pour l’anniversaire de son époux, Jacqueline lui offre une concession de pétrole, elle a « fait une affaire », malheureusement elle s’est fait « plumer » par l’escroc le plus célèbre de la capitale ! Son mari va donc tout mettre en œuvre pour revendre ce « cadeau » à plus pigeon que Jacqueline.

Ça tombe bien, une de leurs relations Antoine, richissime et snobinard, est fou amoureux de leur fille Patricia. Celle-ci pour se débarrasser de cet encombrant soupirant a engagé le vendeur de voitures pour jouer le rôle de son mari. Mais voilà elle n’a pas prévenu ses parents et Léonard veut absolument qu’Antoine sorte son chéquier, quitte à sacrifier le bonheur de sa fille. Il y a aussi dans l’histoire le fils, qui normalement est en Amérique du Sud et qui débarque avec sa « panthère » latina qui ne fonctionne qu’au froissement des billets de banque… 

Quiproquos, rebondissements, rythme, tout est là pour nous divertir, et les comédiens y réussissent très bien. Difficile de résister à Valérie Mairesse, nunuche mais si brave et qui s’occupe si bien de son Pouic-Pouic, vrai gallinacée, sage, obéissant au doigt et à l’œil à sa « maman », et qui se balade sur scène sans problème !


mercredi 25 avril 2012

Les travaux et les jours - Théâtre du Lucernaire



Michel Vinaver

Théâtre du Lucernaire
Mise en scène: Valérie Grail
Musique originale : Stefano Genovese
Cédric David, Luc Ducros, Agathe L’Huillier, Julie Ménard, Mireille Roussel








Nous sommes dans les années seventies, c’est la mode mini/maxi pour jupes et manteaux, les pantalons pattes d’eph’ ainsi que les affreux pulls à bandes multicolores et Plastic Bertrand « plane » pour nous.
Sur scène trois secrétaires s’affairent sous l’œil de leur chef de service et du réparateur, le SAV est débordé, une vraie ruche, mais il y a encore un lien humain entre le personnel et la clientèle, on est loin du « touche étoile tapez 1… ». 
Cosson fait face, l’entreprise familiale qui fabrique des moulins à café depuis des lustres, c’est plus qu’une marque, c’est le patrimoine français ! Personne n’oserait moudre son café dans un autre moulin qu’un Cosson.
Mais celui-ci, comme l’ordinateur, doit s’adapter à son époque et la menace d’une absorption par une multinationale pèse sur le personnel qui était sûr de la sécurité de son emploi, argumentant que la qualité se perdrait. 
Au SAV on se dispute, on se raconte ses histoires personnelles, familiales, on flirte un peu trop, on se laisse courtiser parce qu’autrement « on perd sa place », le terme « harcèlement » n’est pas encore dans le code du travail. Les amours se font, se croisent et s’adaptent à la situation.
La mise en scène est enlevée, tourbillonnante, les chaises valsent aussi bien que les emplois. Les comédiens apportent une belle touche de gaîté à ce texte si actuel.

dimanche 22 avril 2012

Harold et Maude - Théâtre Antoine





De Colin Higgins/ Adaptation Jean-Claude Carrière
Mise en scène de Ladislas Chollat 

Avec Line Renaud, Claire Nadeau, Thomas Soliverès, Denis Berner, Sophie Bouilloux, Benjamin Boyer, Chloé Catrin, Christian Pereira, Grégory Vouland 
Tout le monde est venu pour « elle » la ch’tie la plus célèbre et la plus chérie des français ! C’est Line Renaud qui reprend le rôle de Maude (après Madeleine Renaud,  Denise Grey, Danielle Darrieux).

A l’origine c’est un film culte qui a donné l’idée d’en faire une pièce. 

Du haut de ses 18 ans, Harold se trouve si insignifiant qu’il se « suicide » fréquemment,  surtout pour effrayer sa mère (la merveilleuse Claire Nadeau !), celle-ci n’en n’a cure mais essaie de rassurer tant bien que mal la nouvelle bonne, qui bien sûr n’a pas l’habitude de trouver un pendu dans le salon !

Au cours d’un enterrement, Harold rencontre Maud 79 ans. Ce jeune homme désabusé et suicidaire va tomber sous le charme de cette charmante dame, qui déborde de vie et d’énergie, elle qui a traversé tant d’épreuves. Elle lui fera vivre des aventures loufoques, lui apprendra à chanter « les couleurs du temps » de Guy Béart, lui donnera un bandjo, lui apprendra à danser, à aimer…

Sur la scène du Théâtre Antoine, les excellents comédiens évoluent dans des décors modulables selon les actes. Ma préférée étant Claire Nadeau, bien sûr notre Line et son Harold sont délicieux et à la fin, elle aura bien gagné sa standing-ovation !

Beaucoup de personnes, et cela m'a étonnée, sont venus voir Line sans connaître vraiment le sujet de la pièce, certains ont paru déçus mais sont repartis avec l'émotion dans le coeur !